Nous sommes rendus fin janvier, bientôt 6 mois que je suis ici, et ca va bien !
L’hiver a apporté son lot de promesses tenues, en ce qui me concerne, car je voulais vivre dans un pays qui aurait inventé le mot hiver, et je ne suis pas déçu.
Cela a commencé progressivement, mais de manière assez soutenue et constante. Vers novembre les premiers gels, la première chute de neige fin novembre. Un mois de décembre qui voyait quelques chutes de neige par-ci par-là. Et, je ne saurais pas dire quand exactement, mais à un moment, la neige est restée, et s’est accumulée. En partant pour la France fin décembre, on avait déjà un bon stock, et ca tombait régulièrement.
Le fonctionnement lors d’une chute de neige est très bien rodé. Au moindre flocon qui se pointe, les grosses déneigeuses sont sur le pied de guerre et dans les deux heures, les grandes avenues sont parcourues de long en large.

Les plus petites rues, dont la mienne, doivent attendre en général un ou deux jours avant que les grosses machines ne passent. Cela n’empêche pas les voitures de rouler pour autant. Autour des voies publiques, nous avons également des parkings et des voies privées. Juste à coté de chez moi, il y a le parking d’une caisse populaire Desjardins (une banque quoi…) dont le déneigement donne ca :
On ne le voit pas forcément bien, mais ce gros tas fait bien dans les 3 mètres de haut, et c’est le résultat de quelques de centimètres accumulés rien que pour ce parking.
La légende raconte qu’à la sortie de la ville, entre deux autoroute se dresse une montagne de neige, résultat de l’accumulation du déneigement des routes !
Ensuite, vient le déneigement des trottoirs. Assuré également par des déneigeuses plus petites et plus nerveuses, que j’appelle affectueusement des sangliers, ca leur va bien. Quand les grosses déneigeuses libèrent les routes, elles poussent un paquet de neige sur le bord des trottoirs qui n’en demandent pas tant. Quand vient le tour des sangliers, ils creusent littéralement une tranchée sur le trottoir. Enfin, quelques jours après, une dernière catégorie de déneigeuses passe aspirer ces collines artificielles pour finir de libérer le tout. Mais comme la neige ne tombe pas qu’une fois (bonjour le pléonasme !), le ballet n’a pas cessé depuis le mois de décembre…
Ensuite, nous arrivons au mois de janvier, ses températures sub-froides, ses chutes de neige et ses tempêtes de neige. Il n’est pas vraiment tombé de grosses quantité de neige à chaque fois, il n’y a pas encore vraiment eu de tempête à proprement parler, uniquement des balbutiements annonçant que ca aurait pu être pire ! Le mois de janvier est quelque peu identique au mois de décembre, mais plus: plus froid, plus de neige, plus de vent, des manteaux plus gros aussi.
Pour avoir gambadé joyeusement dans une mini-tempête un soir afin d’attraper mon bus, je dis bravo au mec que j’ai vu alors qu’il bravait cette même tempête en vélo.
Une grosse poussée de vent pendant ou juste après une chute de neige normale a la caractéristique suivante: l’accumulation devant ma porte !
Et la combinaison de ces deux critères initiaux provoquent immanquablement la sortie des autochtones équipés de leurs outil à déneigement manuel.

Je précise que si on n’en voit que le manche, c’est normal, le reste est caché par… La neige !
Les coups de vent ayant l’habitude de passer en semaine, et moi ayant pris l’habitude de ne déneiger que le samedi ou le dimanche, je me délecte d’avoir de la neige jusqu’aux genoux lorsque je traverse le passage entre ma rue et ma porte d’entrée.
Une fois que le passage est dégagé, cela donne une autre tranchée tout aussi mignonne.
Et ca c’était la première fois. Aujourd’hui, la tranchée est deux fois plus profonde !
Autre caractéristique intéressante, en ce qui me concerne, les pluies verglaçantes. Lors de périodes appelées “redoux”, c’est à dire qu’on passe de -10°C à ~0°C, qu’il pleut, ca donne du verglas. Un genre de verglas qui a donné ses lettres de noblesse à l’appellation verglas. Le moindre centimètre carré de route se transforme en patinoire, telle la glace qui s’est accumulée sur les vitres de cette voiture.
Enfin, le Saint-Laurent se nappe lui aussi d’un manteau blanc, et c’est beau.
On le voit pas sur cette photo, mais le courant du fleuve va de la droite vers la gauche en temps normal, alors que les plaques de glace allaient ce soir-là de la gauche vers la droite. Je n’ai pas encore trouvé de raison satisfaisante à ce phénomène.
Je n’ai pas pour autant encore atteint un point de non-retour, loin de là, même si je maudis Éole à chaque fois que mes efforts de creusement de tranchée se révèlent vains.
Nous atteignons le pic hivernal, cela veut aussi dire que ca va aller mieux maintenant, plus chaud, mais de belles chutes de neige nous attendent jusqu’à mars, voire avril, peut-être mai, mais si ca continue après, c’est pas de beaucoup…